Anglais vivant à Marseille, Luke Vibert est un artiste inclassable publié au gré de ses humeurs musi-cales vagabondes sur ces labels fondateurs que sont Warp, Rephlex et Ninja Tune : maître d’œuvre aussi bien de l’acid techno aux côtés d’Aphex Twin dans les années 90 que de la drum n bass sous les pseudonymes d’Amen Andrews ou Plug, et du trip hop sous celui de Wagon Christ, il s’est même autorisé une incursion sur les territoires de la disco-house avec son projet Kerrier District.
C’est aussi un remixer de renom qui travaille tant pour la scène électronique (Aphex Twin, Square-pusher, Kid606, Coldcut) que pour la scène indie rock (Nine Inch Nails, Stereolab, Tortoise, Lamb).
Avec toutes ces facettes, difficile de prédire ce qu’il décidera de jouer à la Nuit Bleue, mais on peut s’attendre à un set efficace entre techno old school et modernité enjouée.
Dès la sortie de son premier album (Tango N Vectif en 1993) sur le label Rephlex, µ-Ziq aka Mike Paradinas a marqué le monde de la musique électronique de son empreinte. Impossible à classer, incorporant nombre de références musicales, du heavy funk à l’electro-pop, du hip hop à la drum n bass, sans renier la veine expérimentale des pionniers de l’electronica tels Autechre et Squarepusher, sa musique reste néanmoins accessible, avec son goût prononcé pour le burlesque et ses mélodies facilement identifiables qui contrastent avec une rare exigence dans les rythmiques et les textures.
En 1995, il fonde le label Planet Mu, devenu rapidement culte avec des artistes tels que Luke Vibert, Venetian Snares, The Gasman ou Leafcutter John. Signe d’un engouement certain, c’est à lui que Björk fait appel en 1998 pour assurer la première partie de sa tournée mondiale. Il a collaboré entre autres avec Aphex Twin pour le remarquable album Mike & Rich ; avec Luke Vibert pour le projet Smooth Helmet ou avec l’artiste allemand Speedy J sous le pseudonyme Sang Boom Van Loom.
Maître dans l’art de transcender les genres, de la drill ‘n bass foutraque à la Aphex Twin aux ambiances oniriques de son projet Astrobotnia (du nom du village lapon où il réside actuellement), Aleksi Päräla aka Ovuca est un artiste précoce et prolifique. Né en Finlande en 1976, il achète son premier synthétiseur à 12 ans et commence immédiatement à composer.
Son premier album, Lactavent, sorti en 1999 sur le label Rephlex, rassemble des morceaux qu’il a écrit de 14 à 21 ans. Sur son second album, Onclements, paru en 2000, il donne libre cours à sa prédilection pour le fragment et l’ébauche, ne livrant pas moins de 71 titres sur deux CDs. Son troisième et dernier album à ce jour, Wasted Sunday, s’éloigne de la drill ‘n bass des débuts pour créer des ambiances complexes autour de structures rythmiques minimalistes, comme sur l’album Cylobotnia, réalisé en collaboration avec Chris Jeffs aka Cylob.
Sur scène, ses sets, tout en maîtrise et virtuosité, n’en restent pas moins ravageurs, capables de mettre tout le monde d’accord, du clubber impénitent à l’amateur de sonorités inouïes. D’un titre à l’autre, diverses influences se font jour, hip hop, electro ou même techno.
DJ dès l’âge de 16 ans (en club et sur des radios pirates), producteur à 18, fondateur du label Terrorhythm Recordings à 20 ans, The Plastician (de son vrai nom Chris Reed) est l’un des initiateurs du mouvement grime, avatar du UK garage et du 2step, genres jugés désormais trop commerciaux.
C’est après son énorme tube Hard Graft (uniquement disponible sur compilation) qu’il est remarqué par le label Rephlex, qui le lance définitivement avec la compilation Grime où il partage les honneurs avec ses alter ego Mark One et Slaughter Mob.
Le grime de The Plastician mêle rythmes breakbeat, ambiances dub, basses jungle et lignes de synthé au cordeau dans un cocktail explosif suffisamment malin pour mériter l’appellation braindance mise en avant par Rephlex pour faire pendant aux musiques habituellement décérébrées des dancefloors.
Jeune artiste japonais vivant à Paris, Aoki Takamasa compte cinq albums solo à son actif. En 2005, il fait une incursion saluée par la presse underground dans le domaine de la pop électronique avec la chanteuse japonaise Tujiko Noriko.
Loin de la froideur souvent reprochée à la computer music, Aoki Takamasa combine textures harmoniques et armatures rythmiques parasitées par des basses fréquences et diverses dissonances pour offrir une musique chaleureuse et chatoyante oscillant entre abstract groove et electronica expéri-mentale, mais toujours mélodieuse. Pour ses performances live, il a développé ses propres logiciels afin de mettre l’accent sur l’improvisation et la réinterprétation en temps réel de ses séquences, renforçant encore l’aspect humain de sa musique.
Frank Bretschneider est le co-fondateur, avec Carsten Nicolai (aka Alva Noto), du label berlinois Raster-Noton dont les artistes, à la fois sound designers et plasticiens, sont régulièrement invités par les institutions les plus prestigieuses, de la Dokumenta de Kassel au musée Guggenheim de New York, en passant par le Centre Pompidou.
Représentant exemplaire de l’école minimale allemande, Frank Bretschneider fait évoluer sa musique entre une electronica explorant la subtilité des micro-rythmes et la profondeur des infra-basses et des abstractions ambient où les textures et les événements infinitésimaux s’entremêlent avec un sens du détail acéré. Etant aussi artiste visuel, Frank Bretschneider accompagne ses performances scéniques de ses productions vidéo fortement influencées par l’abstraction géométrique.
Domo_Kun crée de la mélancolie flottante sur des séries de fréquences, encastre des bribes de jazz, de la phonétique nippone et des rumeurs de fête dans le design d´un mobilier fondu, et s´invente ses propres dialogues entre minimalisme et nostalgie, entre assonance et dissonance.
"Small", l´album de Domo_Kun sur Modulo se construit ainsi dans l´arborescence, dans l´interaction des logiciels, des amis et autres secrets de disque dur. Wanker´s United, Tellemake, Poborsk, Hamano Koichiro se sont impliqués sur l´un ou l´autre titre.
Domo_Kun se scénarise entre raffut et volupté, avec humour et exigence. Un rejeton né du fourmillement des pixels. Une éponge numérique. En live, il est accompagné de Wanker's United & de Vivicompani aux videos.
Onomatopées rythmiques et electro folklorique : Tep nous offre avec « Equivalent Petrole » une recette sans apport calorique. Sortie en 2006 chez In Vitro Records, sa sauce polka-core n'en est pourtant pas à sa première éclaboussure.
Ses bruyantes manies, son acné numérique et les plaintes de son voisinage intriguent d'abord le collectif Bedroom Research, qu'il rejoint en tant que cobaye décomplexé. Puis il sort un premier EP, lance un side-project avec Orange Zèbre, et découvre les joies de la scène. Folichon, polisson, fanfaron, Tep ravage alors les dancefloors. Ses orchestrations douteuses ne laissent indifférent aucune oreille soucieuse, et son look de crooneur cancéreux accompagne à merveille ses arrangements spongieux.
Entre teknival et carnaval, Tep aime se vautrer dans ses paradoxes. Pour cette raison, sa musique visera à la fois les genoux et le creux de la tête.
[ Nuit Electronique - samedi 8 juillet 2006 ]
Krumble plonge dans la musique très tôt puisqu'il prend plaisir à torturer son auditoire avec le piano désaccordé de sa grand mère dès l'âge de 4 ans. Face aux résultats peu probants, il se met ensuite au saxophone, devient accroc au jazz, et voue un culte à John Coltrane, Herbie Hancock, et à son Fender Rhodes...
Il commence à mixer à l'âge 19 ans et sort, 6 ans plus tard, un premier EP chez Jungle Therapy. C'est le début d'une longue série de deux titres chez ce même label. Son style, balançant entre hard drum ‘n bass, ragga jungle, et breakcore, évoque des artistes tels que Bong-Ra, Shitmat, ou Enduser. Parallèlement, il collabore avec Damage - un sous-label de Peace Off - pour lequel il sort deux EPs, et joue dans l'Europe entière avec Rotator, Cardopusher et Inko Nito, dans le cadre du Trash ‘n Ready Tour.
Son nouvel album, Unpleasent Effects, marque une véritable rupture avec ses antécédents. Exit le breakcore dancefloor, Krumble se tourne désormais vers l'intelligent dance music, et privilégie nos oreilles à défaut de nous faire trémousser le fessier.
Bref, notre Krumble se déguste désormais avec les tympans. Au menu, crème de glitchs, nappes de blips, et coulis de mélodies : une gourmandise dans la lignée de Venetian Snares, agrémentée de plages synthétiques à la Future Sound Of London. Krumble met maintenant ses talents de destructureur rythmique adepte du synthétiseur et du hardware, au service de compositions émotives et sophistiquées. Nos papilles gustatives en redemandent...
Vault Dwellers est le fruit de la jonction des tempéraments de ses deux membres, Combo Breaker, et MattJazz, deux musiciens aux antipodes qui se sont affranchis des réductions pour élaborer une musique charnelle et frénétique.
De leur rencontre initiale en 2001, à leurs productions actuelles, ils ont brassé, à l’occasion de collaborations ponctuelles, différents styles musicaux, pour aujourd’hui faire émerger une musique qui leur est toute personnelle, bien qu’elle se réclamme de plusieurs influences diverses et variées.
Vault Dwellers tend à développer un langage basé sur la force des rythmiques destructurées, appuyées par un discours mélodique et harmonique que ne renieraient pas des amateurs éclairés… De prime abord pointue, leur musique se veut accessible, voire dansante
Equivicleft (a.k.a., j.m.lubow) is a musician/programmer from the Midwestern USA. He studied New Media at the Kansas City Art Institute, and Electronic Music composition/performance at Mills College in Oakland, CA, where he now lives.
Since attaining his MFA from Mills, Equivicleft has performed in an array of venues as eclectic as his musical explorations. The work incorporates numerous aspects of dance music, classical composition, and computer science. Hard cultural lines between the elements he employs are blurred through his ability to present his ideas sharply through a medium which has great potential for conceptual respiration. Soft musical structure and interface design are the catalysts for his continuing body of work... Work that is manifest as a gestural relationship between the musician and computer, providing a window into dialog between technology and the artist's place within it.
Touché par le hip hop bien avant son explosion en France, June n'eut de cesse de s'enthousiasmer pour ce genre qu'il eu tôt fait de partager avec quelques comparses dès le début des 90's. Son attrait pour l'underground culturel et son attachement pour des artistes fréquemment sous-médiatisés l'ont vite convaincu que la voie à suivre était celle de la défense des territoires encore obscurs, où les laborantins souterrains expérimentent à l'ombre des courants surexposés, peu progressistes et souvent médiocres.
Pendant plusieurs années, d'abord au sein du collectif dijonnais Hiphouse, il s'essaya également à la radio, puis il proposa une émission hebdomadaire ("Stray Bullets", diffusée notamment sur certaines Radio Campus). On retrouve souvent June aux côtés d'autres passionnés comme ses amis Feetwan (fameux activiste/DJ/producteur breakbeat/drum 'n bass, et moitié du duo Audiopulse signé sur Flexible Future), Electrons Libres (tandem officiant dans le hip hop subtil, intelligent et novateur), ainsi que dans le collectif des Funk Doubistes (organisateurs et DJ's des soirées hebdomadaires "Le Retour du boogie").
June propose en mix des sélections hétéroclites ou se côtoient pêle-mêle hip hop old school, soul lascive ou funk furieux, electro from the 22nd century, breakbeat déstructuré afro ill-boogie, vintage jazz obscur, West London' broken beat, abstract hip hop... La veine, si elle est résolument downtempo, s'aventure parfois dans bien d'autres domaines, l'objectif étant de titiller les tympans, de stimuler la curiosité et de faire secouer la tête plutôt que de remplir le dancefloor à tout prix... Mind the gap !
A 37 ans, Xt-ric est l'un des piliers de la scène electro de l'Est. Fan d'ambient et d'indus., il craque sur Dj Jeff et Radium début 95. Depuis il n'a cessé de mixer et résider ça et là, rave, bar ou club ; tout en conservant l'humour, le recul et la dérision. En 2000, il devient sélection officielle Grand Est du Printemps de Bourges. Sans concession, il continue de jouer le son qu'il aime. Hardcore rapide ou lent, mélange de jungle et pointe de break hip-hop poisseux. Le tout dans un seul but : bousculer le mental et enflammer le dancefloor. Pour lui, une seule maxime : "Danse et Pense" et l'applique en seul mix d'ordre : la bonne humeur ! Depuis deux ans, il se tourne vers des sonorités et des rythmes plus tranquilles en mixant du breakbeat, de l'electro et de la techno. Mais il n'oublie pas ses origines et la tranquillité n'est bien souvent qu'apparente !!!