NUIT BLEUE – 6ème éditionPierre Schaeffer, inventeur de la musique concrète en 1948 et fondateur du GRMC (Groupe de Recherche et de Musique Concrète) en 1951 et du GRM (Groupe de Recherches Musicales) en 1958, se voit confier la mission d’étendre ses recherches sonores radiophoniques à l’étude des phénomènes audiovisuels pour la télévision.
En 1960, il est donc nommé directeur du Service de la Recherche de l’ORTF (l’Office de la Radio Télévision Française), un laboratoire audiovisuel expérimental chargé de produire des films en vue d’une diffusion sur l’antenne des premières chaînes de télévision regroupant au sein de son institution cinéastes, compositeurs, et ingénieurs techniques.
De 1960 à 1975, à la croisée de plusieurs genres cinématographiques, plus de sept cents films sont produits, coproduits ou achetés par le Service de la Recherche. Parmi les documentaires, fictions, films expérimentaux, films d’animation, de nombreux films vont directement bénéficier de l’apport d’une musique concrète puis électroacoustique conçue par les compositeurs du GRM, en explorant et questionnant le dialogue infini du son et de l’image.
Fr., 1982, coul., 70 min, réal. : Patrick Bokanowski, mus. : Michèle Bokanowski
Ascension d’un gigantesque escalier, résumé à lui seul des escaliers les plus divers, où l’on croise des ombres ou des silhouettes de personnages à peine humains.
Fr., 1955, n&b, 12 min, réal. : Jean Mitry, mus. : Pierre Boulez
Film illustrant l’idée de mouvement, tant visuel que musical, à travers des images tournées en gros plans sur des chaînes de fabrication de produits de grande consommation.
Fr., 1963, coul., 7 min, réal. : Piotr Kamler, mus. : François Bayle
Ce film prend en compte dès le début une construction musicale et visuelle originale. Les sons, percussions et résonances semblent se calquer sur la thématique même de Lignes et points : les impulsions en tant que points, les résonances en tant que lignes d’une manière presque aléatoire. Comme les images de Piotr Kamler, les sons que François Bayle utilise, remplissent et traversent l’espace en créant une deuxième voie de discours.
Fr, 1963, coul., 11 min, réal. : Robert Lapoujade, mus. : François Bayle
Peintre et cinéaste, Robert Lapoujade réalise dans ce film la synthèse de ses deux moyens d’expression en faisant se mouvoir une composition visuelle en changement continu grâce à la technique des poudres et l’animation de matériaux divers.
Fr., 1962, n&b, 30 min, réal. : Jacques Brissot, mus. : Luc Ferrari, montage des textes : Pierre Schaeffer
Ultime partie du documentaire en triptyque de Jacques Brissot, un poème audiovisuel au temps des pharaons, une symphonie à la vitesse du soleil, nimbée de lumière, de sons, de mouvements et de matières architecturales.
Fr., 1968-1973, coul., 15 min, réal. : Jacques Rouxel, mus. : Robert Cohen Solal
Les Shadoks sont des oiseaux aux ailes trop courtes pour voler, et aux pattes trop longues pour pondre normalement. Sur le plan de l’intelligence, ils sont en parfaite possession de leurs moyens intellectuels, ils sont donc parfaitement anormaux. Leur devise principale : « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ».
Fr, 1962, n&b, 30 min, réal. : Chris Marker, mus. : Trevor Duncan
Quand le voyage dans le temps devient le seul moyen de survivre. Quand seuls l’avenir et le passé peuvent sauver le présent de l’humanité.