NUIT BLEUE - 7ème éditionDe 21h à 1h30 et de 3h30 à 7h | Salle Migeon
Programmation vidéo
Le FRAC Franche-Comté présente trois vidéos d’artistes de sa collection sur le thème Art et architecture.
(Paul Pouvreau – 15’ – 2004 – exemplaire unique)
Première vidéo réalisée par Paul Pouvreau, La Cabane est l’enregistrement plusieurs mois durant d’un événement. L’artiste n’en a retenu que quinze minutes. La Cabane « se présente […] comme une sorte de long temps de pose photographique et montre en plan fixe et serré les modifications que subit la façade d’un volume en cartons jusqu’à son effondrement ; finalement, cette façade apparaît dans la vidéo comme une grande plaque sensible sur laquelle se projette une succession de formes apparaissant et disparaissant comme des images. Outre la figuration du temps […], un lieu commun s’instaure entre le temps de la vidéo et celui de la photographie ».
Paul Pouvreau, entretien avec Claire Le estif, octobre 2004
(Jean-Christophe Norman – 15’ – 2006 – exemplaire unique)
Jean-Christophe Norman a tourné la vidéo A quarter upside down à Berlin, ville où il a séjourné durant l’été 2006. Il saisit le reflet des mouvements de la ville, les façades des immeubles du quartier Mitte. Les images des piétons et des véhicules s’inversent et semblent s’inscrirent dans le cadre d’une autre réalité. « A même le sol, écrit l’artiste, après un épisode pluvieux, la caméra enregistre ce moment poétique, où les ondulations de l’eau semblent matérialiser les entrelacs du temps et de l’espace. Ce long plan fixe, par contraste, laisse apparaître la fluidité du monde et sa nature passagère ». Ici comme dans toutes ses vidéos l’enregistrement est brut. A quarter upside down n’a fait l’objet d’aucune post-production, c’est-à-dire d’aucun montage et d’aucun cut.
(Sebastian Diaz Morales – 26’ – 2001 – édition de 5/5 + 2 tirages d’artiste)
Sebastian Diaz Morales a réalisé The Persecution of the White Car en 2001 lors d’un séjour à Durban en Afrique du Sud. Ce film possède une structure narrative et raconte un voyage : un homme dont on entend seulement la voix, tente de raconter à une femme le souvenir de neuf jours passés dans une ville dont il a oublié le nom. L’image de cette ville est quasi onirique, des travellings succèdent à des plans serrés. L’image devient parfois abstraite. La ville apparaît au rythme de plans coupés par les pâles d’un hélicoptère de surveillance. Le fil conducteur de ce film est une voiture blanche, que la caméra, telle une sonde, épie et semble vouloir suivre, puis une autre voiture blanche survient, et d’autres encore, métaphores de l’égarement ou de la pluralités des chemins que le voyageur aurait pu emprunter. Plus loin et pour un temps, la caméra zoome en plongée sur un homme qui marche à grands pas. On ne saura pas où il va mais sa foulée immense est commentée et analysée par la voix off. Le voyage s’achève de façon assez énigmatique sur une plage où une raie se débat sous le harpon d’un pêcheur. Métaphorique et elliptique, basé sur un montage aux rythmes saccadés, se situant entre documentaire et fiction, ce film onirique est représentatif du travail et du style de Sebastian Diaz Morales.
Paul Pouvreau est né en 1956 à Aulnay-sous-Bois. Il vit et travaille à Paris et à Argenton-sur-Creuse. Depuis quelques années il prolonge son travail photographique par des pièces en volume. Ces architectures réalisées avec des cartons, objets déjà présents de façon récurrente dans ses photographies, n’existent que sous forme d’installations, dans le moment éphémère de l’exposition. Elles structurent l’espace et remplissent aussi la fonction de cimaises puisqu’elles servent quelque fois de support aux photographies auxquelles elles font écho.
Jean-Christophe Norman est né en 1964 à Besançon. Il vit et travaille à Besançon et à Berlin. Depuis 1993, son travail prend principalement la forme d’une écriture. Il recopie ainsi le texte de sa montre digitale sur des supports variés tels des feuilles de papier, des livres, des écrans d’ordinateurs ou de téléphones portables mais aussi les murs et sols des galeries et des musées ou les rues et bâtiments des villes… Les performances de l’artiste sont systématiquement documentées au moyen de photographies, de vidéos ou de MP3. JC Norman développe parallèlement un travail vidéo dont le sujet principal est la ville. Il la capte de façon indirecte, saisissant patiemment son reflet. Si l’ensemble de son travail adopte une méthode minimale, il suppose a contrario un effort maximal, une attention aiguë et soutenue, une résistance physique intense.
Sebastian Diaz Morales est né en 1975 à Comodoro Rivadavia en Argentine. Il vit et travaille à Amsterdam. Ce jeune artiste a déjà à son actif près de 40 films qui touchent à tous les genres : documentaire, film épique, film d’essai ou court-métrage. Ils sont tous réalisés à partir d’une idée simple et mêlent réalité et fiction, présent et passé.
FRAC Franche-Comté | Depuis sa création en 1982 à l’initiative de la Région et de l’Etat dans le cadre des politiques de décentralisation, le Frac Franche-Comté poursuit les missions suivantes : constitution et conservation d’une collection représentative de la création artistique contemporaine ; diffusion dans la région et au-delà ; sensibilisation des publics à l’art contemporain ; développement et mise à disposition d’une documentation sur l’art contemporain ; soutien à la création (résidences d’artistes et production d’œuvres).
Le Frac Franche-Comté constitue et gère la seule collection publique d’art contemporain significative dans la Région, qui s’enrichit chaque année de nouvelles acquisitions : aujourd’hui, la collection concerne 234 artistes et comprend 431 œuvres qui relèvent de domaines variés : peinture, photographie, sculpture, installation, œuvre graphique, œuvre textile, œuvre audiovisuelle. Depuis 2006, la politique d’acquisition du Frac vise à la constitution d’ensembles monographiques et privilégie les œuvres qui interrogent la question du Temps, définie pour son ancrage dans l’histoire de la région Franche-Comté mais surtout parce qu’elle est au cœur des préoccupations et des champs d’investigation de nombreux artistes contemporains.
Le Frac produit par ailleurs des événements artistiques (expositions, conférences, visites guidées...) permettant à chacun de découvrir l’art contemporain ou de poursuivre une réflexion sur la création plastique contemporaine et mettant pour certains l’accent sur la transversalité des pratiques artistiques.
Le Frac produit par ailleurs des événements artistiques (expositions, conférences, visites guidées...) mettant pour certains l’accent sur la transversalité des pratiques artistiques. | Le Frac répond à toute structure souhaitant accueillir des expositions en lui prêtant des œuvres. Il participe au regroupement des Frac du Grand Est qui organise régulièrement des expositions à l’étranger (Collections sans Frontières).
Le Frac développe également un partenariat avec l’Éducation nationale et l’Université de Franche-Comté.
Le Frac est financé par le Conseil Régional de Franche-Comté avec le soutien du Ministère de la Culture.