40 ans après Philip K Dick

40 ans après Philip K Dick

40 ans se sont écoulés depuis la mort de Philip K Dick et son influence sur la science-fiction se fait encore sentir aujourd’hui. Dick était un maître de l’imagination, capable d’évoquer des mondes à la fois crédibles et convaincants. Ses histoires traitaient souvent des thèmes de la paranoïa et de la technologie qui tournait mal et de la remise en question de sa propre existence. Il avait le don de prédire les tendances futures. Aujourd’hui, le travail de Dick est plus pertinent que jamais. Plus que jamais, nous sommes aujourd’hui aux prises avec des problèmes d’intelligence artificielle, de réalité virtuelle et d’érosion de la vie privée. Sa vision de l’avenir n’est peut-être pas toujours réjouissante, mais elle fait toujours réfléchir. Alors que nous entrons dans une nouvelle décennie, il vaut la peine de revenir sur l’homme qui a contribué à définir la science-fiction pendant une génération.

40 ans après la mort de Phillip K Dick

Le 2 mars 1982, l’auteur Philip K. Dick mourut âgé de 53 ans. L’année dernière, ses romans ont été compilés en deux gros volumes par l’éditeur français Quarto. Ses livres sont maintenant disponibles en version cartonnée et seront épuisés quelques minutes après sa sortie. C’est devenu un best-seller instantané qui s’est vendu à plus de 25000 exemplaires en quelques mois (et plus en comptant les précommandes).

Ce mois-ci, Ubik a de nouveau fait l’objet d’une traduction. « J’ai Lu » a publié son passage préféré de l’une des œuvres les plus célèbres de PKD avant une série d’articles qui s’étendra sur tout le printemps. En effet, les traductions apparaissent sporadiquement dans des formats réduits tels que les livres de poche.

“Ubik” de Philip K. Dick : le précurseur de la science-fiction

Le roman « Ubik » a été écrit par Philip K Dick et publié en 1961. Il est connu pour être une des œuvres majeures de Philip K Dick.

Le livre raconte un monde totalement empreint de psychisme, il y a des télépathe et des précogs, les seconds neutralisant les premiers. Nous suivons un groupe de précogs, emmené par Joe Chip, qui essaie de comprendre dans quel piège ils sont tombés. Les portes et les douchent parlent et demandent à êyre payé pour fonctionner, les morts ne meurt pas de suite mais peuvent survivre un moment, en suspension entre deux mondes et partout, cette publicité pour Ubik. Ubik est tantôt une marque de bière, du café, une sauce salade. Ubik est tout et est partout.

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Ubik de Philip K. Dick

Avec la sortie de Lunes d’encre, une édition Denoël réédite trois romans classiques en français : La Trilogie divine (SIVA, L’invasion du ciel et de la terre). Il en est de même pour le célèbre livre de Timothy Archer sur ses expériences avec PK-Dick, « Invasions théologiennes » de Philip K Dick.

Laurent Queyssi de Gallimard : des livres intemporels

La science-fiction de Philip K. Dick est différente du travail d’autres écrivains parce qu’il a également utilisé dans ses œuvres, des vaisseaux spatiaux, des robots et des voyages mondiaux. Cependant, il n’y a pas de motifs occidentaux typiques présents dans ses histoires. Cela les rend plus complexes à lire tout en étant divertissants pour le public du monde entier qui aime ce type de contenu.

Le travail de Dick a été considéré comme reflétant les décennies au cours desquelles il a écrit : les années 50, 60 et 70 avec une expérience de la drogue exaltante jusqu’à ce qu’elle devienne excessive pour lui. Les années 80, suite à des excès de drogue, ont assisté à sa dépression. Il a fallu du temps pour que ces thèmes s’établissent ici. La France s’est félicitée de sa nouvelle liberté retrouvée vis-à-vis de l’emprise américaine par rapport à d’autres grands monstres comme Isaac Asimov.

Aujourd’hui, ses questions sur la réalité semblent plus réelles que jamais. Le métaverse par exemple fasciné énormément. Cependant, personne n’aurait pu prédire ce que Dick ferait de cette information. Il était une véritable éponge en termes d’absorption de connaissances de toutes parts.

Pascal Godbillon de Denoël : un composé d’idées intéressantes

La Trilogie divine était presque épuisée quand un nouveau look est apparu. Ce projet difficile avec des aspects techniques que seule une minorité de personnes comprend semble porteur du danger d’aboutir à son extrême demande. Ceci, au moment où il leur est déjà si ardu à réaliser.

Les nouveaux livres sont une excellente source d’idées. Dick était un homme avec une profonde compréhension de la nature humaine qui a également connu des troubles mentaux pendant une grande partie de sa vie.

Les éditions Louis-HKG réimpriment la biographie sous l’autorité de Lawrence Sutin. Il offre un portrait intime peint par un expert. En effet, il est professeur de psychiatrie à l’University College London Medical School, spécialisé dans la biographie d’écrivain.

Thibaud Eliroff de J’ai lu : La France l’a reconnu la première

Les droits des romans de Philip K. Dick ont récemment été mis en vente. Ils ont tous été achetés. Il en est de même pour Ubik qui jusqu’à présent exploitait encore les éditions Robert Laffont. Il était temps pour une nouvelle traduction, car cinquante ans s’étaient écoulés depuis sa première sortie en France.

Cependant, ce qu’on sait de Dick et de son travail est différent. On pensait autrefois qu’il était un auteur mineur aux États-Unis. Cependant, la France le reconnait comme un vrai auteur après 1977. En effet, Philip K Dick intervint dans deux festivals internationaux de science-fiction qui ont fait sa renommée.

En 1978, lors d’une interview avec le producteur exécutif de la télévision française Jean Claude Schuchtens, il est possible de voir à quel point cet homme avait grandi à la fois sur le plan créatif et professionnel.

Sa réputation va dans le sens inverse : depuis une décennie, il a été redécouvert en Amérique et sa notoriété s’étend au-delà de la science fiction. Ses croyances bizarres se réalisent, y compris celles d’un manque d’empathie chez les robots qui les distinguera toujours des humains.

La renommée ne semble plus déranger Prasai, car les années passées l’ont vu refaire surface après avoir été assez inconnu jusque-là. Il publie tous ses livres sous une nouvelle charte graphique et les rééditera dans les mois à venir. La plupart de leurs préférés (Ubik, The Master Of The High Castle…) se vendent à 15 000 exemplaires par an.

Son livre « Substance Mort »

Dans Substance Mort, Philip K. Dick nous emporte dans un monde où on se sent envahi par la peur panique totale et constante de tout ce qui est autour de soi-même. C’est un livre sur une drogue mais c’est surtout un livre sur la schizophrénie et sur la surveillance des masses.

Le résumé de l’œuvre

Dans les années 1990, une drogue puissante appelée Substance Mort est populaire parmi les toxicomanes. La substance mort détruit leur cerveau et leur identité. Elle coupe l’hemisphère droit du cerveau du gauche et on finit par ne plus savoir qui on est.

L’histoire suit Bob Arctor drogué qui est aussi Fred, un policier de la brigade des stupéfiants. Rapidement, le supérieur de Fred, qui ne sait pas qui il est car les agents des stups travaillent sous une combinaison les rendant totalement anonyme, confie à Fred la tâche d’enquêter sur Bob Arctor qu’il croit être un pilier de la distribution de la drogue substance mort.

couverture de "Substance Mort"

Fred commence donc à se surveiller lui même, tout en continuant à prendre de la substance mort, drogue qui altère l’identité.

Le roman, paru en 1977 est, à mon sens, son livre le plus abouti. On voit bien à quel point il est possible et rapide de devenir fou, le roman met également très bien en lumière le surveillance constante. C’est un monde qui semble très ambivalent car un monde dans lequel tout est sécurisé et contrôlé par les autorités mais aussi un monde dans lequel la drogue est partout comme un fléau sournois qui nous fait perdre nos repères les plus élémentaires. C’est une descente aux enfer, la rapide (auto) destruction d’un être à la fois par la drogue mais aussi par un système qui contrôle tout et sur lequel il n’a pas de prise, pire, il n’est même pas conscient de sa manipulation. Un livre d’une noirceur extrême que Dick dédicace à ses amis, drogués, partis trop tôt.

Les mythes du roman

L’auteur de ce roman, Philip K. Dick inclut plusieurs éléments de science-fiction pour le rendre plus crédible et réaliste. Par exemple, il crée un médicament appelé « Substance M » qui provient de plantes bleues, nommées Mort Ontologica signifiant la mort de l’esprit. Les toxicomanes ont tendance à les appeler la mort lente ou les marcheurs zombies, parce que leur cerveau en est lentement détruit au fil du temps (connexions neuronales).

La combinaison intégrale que porte les agents des stups qui affichent des recomposition de visages à partir de morceaux de visages existant mais défilant si vite que l’on ne peut évidemment pas reconnaître qui est dessous mais qui suggère aussi que ce pourrait être tout le monde et personne à la fois (et on pense à Ubik).

L’utilisation d’un système de surveillance holographique est de plus en plus courante dans le roman. Développé par une société française, l’Holocube offre un moyen innovant d’enregistrer des vidéos et des images fixes. Ces dernières peuvent ensuite être projetées à l’aide de leur technologie brevetée de cube ou de bande.

Phillip K Dick et le cinéma : Adaptation de substance mort : le film « a scanner darkly »

Le monde du cinéma adoube Philip K. Dick. On peut dire qu’il existe d’innombrables adaptations de son travail. De Blade Runner à Minority Report en passant par Total Recall, Planète Hurlante ou Paycheck. « A scanner darkly » est l’adaptation du roman Substance Mort par le réalisateur Richard Linklater.

« A Scanner Darkly » est un film sombre et visuellement saisissant qui délivre un message qui donne à réfléchir sur les dangers du contrôle gouvernemental.

image du film "A scanner Darkly"
image du film « A scanner Darkly »

A Scanner Darkly a été filmé normalement avant d’être entièrement retouché pour donner à l’image un effet semblable à un film d’animation dessiné à la main. Il a été réalisé grâce à un ancien processus connu sous le nom de rotoscopie, ce résultat est plutôt convaincant et rappelle les films d’animation récents comme Valse avec Bashir. Film ? Animation ? Là aussi, on ne sait pas, ce partie pris esthétique fait partie aussi de la mise en scène de la schizophrénie.

Les acteurs Keanu Reeves, Winona Ryder, Robert Downey Junior et Woody Harrelson sont très convaincant dans leur rôle, bien que le scénario soit très fidèle à la nouvelle de Dick, la mise en scène est très réussi.

Plutôt audacieux, ce film est, à mon sens, à la fois fidèle à l’histoire de Philip K Dick et arrive à créer une atmosphère de tension propre à l’univers de l’auteur. Le décalage crée par la technique de rotoscopie fonctionne très bien aussi avec l’univers de l’auteur. Suis je dans la réalité ? Suis je vraiment en train de vivre ça ou tout ceci n’est qu’un mauvais rêve ?

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